Portraits confinés : Rencontre (virtuelle) avec Marie de l’Impertinence

Dans la rubrique Portraits confinés, nous donnons la parole à ces restaurateurs qui ont dû fermer leurs portes du jour au lendemain.



Aujourd'hui c'est L'Impertinence qui est à l'honneur. Nous avons dabblablé avec Marie qui a créé ce lieu de convivialité avec Clothilde il y a tout juste un an.

Valeurs, craintes, et envies : confessions d’une restauratrice confinée...




Parle-nous de ton resto :

L’impertinence est un café coworking éco-responsable qui propose de la petite restauration le midi, et un apéro deux soirs par semaine. C’est plus un tiers-lieux qu’un restaurant.

Nos activités sont très variées : on propose par exemple de la privatisation de salles, des événements que nous choisissons en fonction de nos valeurs : trocs de vêtements, marché de créateurs, ateliers créatifs…

L’idée est de faire tout ce que l’on peut à notre niveau pour respecter l’humain et la nature. On achète tout ce qu’on peut en vrac, nous n’utilisons que des produits locaux et de saison et bien-sûr tout est fait maison (je précise qu’on est pas cuisinières, on a appris sur le tas ! ). On souhaite également que les clients ne produisent aucun déchet en venant chez nous : pas de paille, pas de serviette en papier ou d’essuie-main jetable dans les toilettes !

Le choix de nos producteurs a été un long processus. On se retrouvait souvent entre amis pour les dégustations, c’était hyper cool !


Comment occupes-tu tes journées confinées ?

Pendant notre première année d’ouverture, nous étions prises dans un quotidien à cent à l’heure. Le confinement a été l’occasion de se reposer ! Côté pro, je travaille à créer de nouveaux partenariats, événements pour la suite, et je me suis lancée dans des tests de recettes.

Je me suis mise au yoga, discipline que je ne connaissais pas et que j’apprécie beaucoup.

Avec Clothilde, on s’appelle une fois par semaine pour préparer le déconfinement. Elle s’occupe de la partie administrative et est en plein bilan !

Samedi 14 mars, tu entends Edouard Philippe dire que les restaurants doivent fermer à minuit jusqu'à nouvel ordre. Ton sentiment à ce moment là ?

Il faut savoir que je n’étais pas devant la télé ! J’avais passé mon samedi à préparer le brunch du dimanche (comme d’habitude), tout était prêt, les tables dressées. Le soir, je reçois un texto d’un voisin qui m’apprend la nouvelle.

Ce fut un mélange de surprise et de désespoir. Pour moi c’était très soudain, je pense que je faisais partie de ces gens dans le déni, je me disais “non mais ça va aller”. Avec Clothilde, on s'est pris la réalité en pleine face. Nous n’avions pas pris la mesure de la menace. Elle est venue chez moi pour qu’on ne déprime pas chacune de notre côté !

Le lendemain, nous avons vendu tout ce qu’on avait préparé à emporter et fermé boutique.


Et quelques jours après, que ressens-tu ?

Il y avait plusieurs sentiments en parallèle : Whaou on va pouvoir dormir (on était vraiment fatiguées) et très vite l’angoisse de se demander combien de temps tout ça allait durer, comment ça allait se passer financièrement… et je dirai également la peur de tomber malade, que mes proches tombent malades.

On a quand même rapidement trouvé du positif, en se disant qu’on avait pas le choix, qu’il fallait s’adapter et prendre les choses du bon côté.


Quelles actions et décisions pour le restaurant ?

Rapidement, on se met à faire le grand ménage au resto. Ensuite, on décide de rester présentes sur les réseaux sociaux pour garder un lien avec nos clients. On a reçu pleins de messages de personnes qui nous souhaitaient du courage, prenaient des nouvelles. Ça fait chaud au cœur !

Pour la ré-ouverture, nous décidons d’attendre le déconfinement. On a diffusé des questionnaires sur nos réseaux pour savoir ce que les clients voudraient en vente à emporter, et ça a bien marché.

Quand nous le pourrons, nous reprendrons notre activité de coworking, avec notre belle communauté de coworkers.


Qu’est-ce qui te manque le plus depuis le début du confinement ?

Voir mes potes ! Le fait d’aller boire un café ou une bière en terrasse, c’est frustrant. En gros, les interactions sociales.


C’est quoi la question à laquelle tu aurais aimé répondre ?

Est ce que le confinement t’a fait prendre conscience de certaines choses ?

Avec le temps supplémentaire que j’avais, j’ai pu écouter des podcasts, regarder des documentaires et ça a vraiment créé une prise de recul sur ma consommation. Mon engagement écologique ne doit plus se résumer à l’alimentaire et aux emballages mais s’élargir à la mode et aux cosmétiques.

Par exemple, je dois vraiment travailler sur ma manière d’acheter des vêtements. J’ai pu en apprendre plus sur le prix de la fast fashion (expression pour signifier le renouvellement rapide des collections dans la mode) et je veux absolument changer ça.

Les infos pratiques :

L’Impertinence - 32 Rue Saint-Jacques à Grenoble

À partir du 11 mai : Vente à emporter du lundi au dimanche (brunch le week-end)

Récupération des commandes entre 11h00 et 14h00

Menus disponibles sur les réseaux : Instagram & Facebook

Vous ne connaissez pas encore dabba ? Découvrez notre concept ICI

DÉCOUVRIR DABBA

DABBLABONS

© 2019 dabba-consigne

Mentions légales

S'ABONNER À LA DABBLABLA