Il a offert des baskets à la Croix-Rouge et les a pistées avec un AirTag. L’organisation contrainte de s’expliquer

Pour savoir où finissent vraiment les dons de la Croix-Rouge, un influenceur a piégé ses baskets… et ce que l’AirTag a révélé intrigue.

Un influenceur glisse un AirTag dans des baskets offertes à la Croix-Rouge, et ce qu’il découvre va vous surprendre.

Un influenceur a glissé un AirTag dans une paire de baskets donnée à la Croix-Rouge. L’idée prête à sourire au départ. Une petite expérience comme on en voit passer chaque jour sur les réseaux, où la curiosité flirte avec le buzz. Mais cette fois, les résultats sont tombés comme une gifle. Là où Moe Haa voulait juste tracer une vieille paire de pompes, il a mis le doigt sur une réalité que peu soupçonnent, ou qu’on préfère ne pas trop regarder de près. Ce qu’il a découvert dépasse de loin ce que la Croix-Rouge affiche sur ses belles affiches humanitaires.

Croix-Rouge : une paire de baskets, un AirTag, et un sacré détour

L’histoire commence banalement dans un vieux conteneur en métal, dans une rue de Bavière. Moe y dépose ses baskets, usées, mais encore bonnes. Rien d’exceptionnel, sauf qu’il a caché un AirTag sous la semelle de cette paire donnée à la Croix-Rouge. Pas un gadget de science-fiction, juste une petite balise qui, grâce au réseau d’Apple, permet de suivre presque n’importe quoi, n’importe où. Et là, surprise : ses chaussures se mettent à voyager. Munich, puis la Slovénie, la Croatie, et enfin la Bosnie-Herzégovine. Un sacré détour pour une paire censée être offerte localement à quelqu’un dans le besoin.

Mais le plus étrange n’est pas là. Arrivées à destination, les baskets atterrissent… dans une boutique. Un marché de vêtements d’occasion, bien fourni, bien organisé, bien loin de l’image d’urgence humanitaire. Moe fait le déplacement, caméra discrète à la main. Et il les retrouve posées sur une étagère, avec une étiquette : 10 euros. Un détail choquant. Ces chaussures ont été données à la Croix-Rouge, et non pas vendues à une friperie du coin. Et cette simple étiquette change tout.

Une transparence un peu floue

Quand Moe interroge la vendeuse, elle élude. Elle parle de livraisons venues d’Allemagne, évite soigneusement le mot « don ». L’ambiguïté flotte, mais elle est assez claire pour troubler. L’influenceur paie ses propres chaussures et repart, sans savoir s’il vient de lever un vrai lièvre ou juste mis le doigt sur une habitude bien rodée. Sa vidéo explose en ligne. Et là, la Croix-Rouge doit sortir du bois.

Dans une vidéo postée sur TikTok, l’ONG confirme ce que beaucoup pressentaient sans jamais le formuler : tous les dons ne vont pas aux plus démunis. Une partie, oui. L’autre, non. Les vêtements en bon état, mais jugés non prioritaires sont revendus à des sociétés de recyclage textile ou à des revendeurs à l’étranger. L’argent généré sert à financer d’autres missions. Pas de bénéfices directs, dit-elle, mais un « recyclage utile des ressources ».

Et c’est peut-être là que le bât blesse. Rien d’illégal, en apparence, pas de détournement massif. Mais là, il y a un manque de clarté évident. Quand on dépose un sac de vêtements dans un conteneur Croix-Rouge, on imagine qu’il ira à quelqu’un dans le besoin, et non pas qu’il traversera l’Europe pour finir à 10 euros dans une brocante. C’est ce flou qui dérange, pas forcément la pratique en elle-même. Car dans l’absolu, faire de l’argent avec un don pour financer d’autres actions peut se défendre. Encore faut-il le dire clairement.

Entre dons, business et vraie bonne foi

Ce que révèle Moe, sans forcément le vouloir, c’est cette ligne fine entre action solidaire et logique économique. La Croix-Rouge, comme d’autres grandes ONG, navigue dans une réalité complexe : beaucoup de besoins, peu de moyens, et des tonnes de vêtements qui arrivent chaque jour. Tout n’est pas utile sur place. Tout ne peut pas être donné. Alors on trie, on vend, on recycle. Mais on le dit à demi-mot. Et c’est là que la confiance peut se fissurer.

Parce que les gens donnent avec le cœur. Pas pour que leurs affaires alimentent un circuit marchand. Pas pour qu’on leur mente, même un peu. La transparence, ce n’est pas une option. C’est la base. Et aujourd’hui, à l’ère des réseaux, du traçage, de l’information en temps réel, ce genre de détour ne passe plus inaperçu.

Moe n’est pas le premier à utiliser un AirTag pour enquêter sur les dons de la Croix-Rouge. Une Américaine, Brandy Deason, avait fait le même coup avec des déchets plastiques. Résultat : un scandale public et un directeur viré. Ce n’est pas qu’une question de baskets ou de poubelles. C’est une question de confiance. D’éthique. De ce qu’on fait, vraiment, avec ce que les gens donnent en pensant aider.

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À propos de l'auteur, Anna Chevalier

Toujours à la recherche de nouvelles inspirations, Anna se passionne pour les histoires capables d'émouvoir et de marquer les esprits. Appréciée pour sa sensibilité unique et son talent pour transmettre des émotions intenses, elle croit profondément que les récits rapprochent les gens. Lorsqu'elle n'écrit pas, Anna aime explorer des projets caritatifs, capturer des instants précieux en photographie ou exprimer sa créativité à travers la peinture.