À 47 ans, Mélissa Theuriau n’a rien oublié du jour où son employeur l’a licenciée sans la moindre explication.
Il y a des moments qui laissent une marque indélébile. Un souvenir qui ne s’efface pas malgré le temps. Pour Mélissa Theuriau, ce souvenir remonte à 2006. Alors que tout semblait lui sourire, le destin a brusquement changé de cap.
Le refus qui a tout bouleversé
À 26 ans, la montée en puissance de Mélissa Theuriau semblait inarrêtable. Présente aux commandes des flashs infos de la matinale de Thierry Gilardi sur LCI, elle captait l’attention par son calme et sa maîtrise. TF1, qui possède LCI, lui proposait alors un rôle prestigieux : devenir joker de Claire Chazal pour le journal du week-end. Un rêve pour beaucoup, mais pas pour elle. Elle sentait le piège d’une exposition trop rapide et les risques d’être enfermée dans un rôle qu’elle ne voulait pas.
Lors d’une interview pour ELLE, elle se remémorait cette rencontre avec les dirigeants de TF1, dans un bureau où le champagne était déjà au frais. Patrick Le Lay, Robert Namias et Étienne Mougeotte lui faisaient comprendre que ce refus n’était pas envisageable. « Dans ce bureau, j’étais invisible, et mon non ne comptait pas », confiait-elle avec franchise. Ce non fut un acte de courage, presque un affront à l’époque, face à ces hommes de pouvoir. Un refus qui allait changer sa trajectoire.
Mélissa Theuriau : le licenciement immédiat et violent
Le prix à payer ne s’est pas fait attendre. Refuser un poste aussi convoité était vu comme une faute grave. Mélissa Theuriau est passée du statut d’étoile montante à celle d’isolée. Boudée, ignorée, elle a vu son badge désactivé, ses accès coupés, comme si elle n’avait jamais fait partie du système. Dans Le Parisien, elle raconte encore cette brutalité : « C’était très violent. » Pourtant, elle a tenu bon, choisissant de s’éloigner du tumulte médiatique en se réfugiant chez ses parents à Grenoble. Loin des regards, elle a repris pied et protégé ce qui comptait vraiment : ses valeurs et ses choix.
Loin d’être une erreur, ce refus a été pour la journaliste un véritable acte d’affirmation de soi. Elle ne voulait pas se glisser dans un rôle, aussi prestigieux soit-il, qui ne lui correspondait pas. Face à la pression et aux attentes, elle a préféré écouter son instinct plutôt que de céder à une carrière toute tracée. Ce choix a été source de débats et d’étonnement, mais jamais elle n’a regretté. « Jamais », répétait-elle à ceux qui l’interrogeaient.
Un choix de liberté qui a redéfini sa carrière
Refuser ce poste, c’est refuser d’être enfermé dans une case. Depuis, Mélissa Theuriau a suivi un chemin qui lui ressemble davantage. Productrice, journaliste engagée… elle a bâti une carrière à son image, loin des contraintes imposées par les grandes chaînes. Elle aime rappeler que ce n’est pas parce qu’un poste est convoité par tous qu’il est forcément fait pour soi.
Dans ses interviews, elle invite à s’interroger sur ce qui apporte vraiment du plaisir et du sens, plutôt que de céder aux sirènes du succès rapide. Ce message résonne fort, surtout dans un monde où la pression est énorme, et où dire « non » peut coûter cher. Pour elle, cette affirmation de soi a ouvert d’autres portes, plus authentiques, plus en phase avec ses aspirations profondes.
En racontant son licenciement, Mélissa Theuriau donne une leçon précieuse : suivre sa propre voix, même si elle s’oppose aux attentes, reste la clé pour construire une carrière qui a du sens. Elle l’a prouvé, et son parcours en témoigne encore aujourd’hui.